22 décembre 2006

Toxicomanie : plutôt prévenir que guérir

exta2(Article écrit en juin 2006 pour le Républicain Lorrain -Moselle- non publié)

A l'heure où, lors d'une de ces multiples conférences de presse, Nicolas Sarkozy relance le débat sur la distinction entre drogues dures et drogues douces, où en est la prévention ?

Depuis une dizaine d'années, Alexandre Agius fait partie de l'association Pushing, un collectif composé d'une quinzaine de membres, en majorité issus du milieu techno. Leur mission ? Sortir la culture techno de son statut hérétique, prévenir un public souvent mal informé et de plus en plus jeune des risques qu'entraîne la consommation des produits qui circulent lors de soirées. Extasy, cannabis, LSD...Tout est passé au crible pour que les consommateurs ne restent pas seuls face au risque. Car, « même en situation d'illégalité, toute personne a le droit de s'informer sur les drogues et leurs effets, pour prendre des décisons responsables sur sa vie et sa santé » dixit le site internet de l'association. Pushing se revendique comme un véritable passeur d'outils d'information. Tracts, stand d'information sur des festivals commme au JDM de Bulligny, ou les derniers Metiz'arts. Pushing avait également planté sa tente en 2004 sur la base militaire de Chambley, lors du teknival officiel qui avait rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes en quelques jours.

Pushing a vu le jour en 1997, en réaction à une information sur les produits stupéfiants quasiment inexistante. L'action de l'association  a commencé par la diffusion de quelques tracts sur les dangers des drogues, distribués lors de soirées techno. L'enjeu ? Responsabiliser et conseiller les utilisateurs. Mais il ne s'agissait surtout pas d'incitation à la consommation, ni de dénonciation. Le but était que les amateurs de paradis artificiels aient conscience des dangers, bien réels.

Depuis, l'association d'Alexandre s'est développée. Les membres informent un public toujours grandissant, pas seulement sur la prise de drogues mais aussi sur les maladies sexuellement transmissibles, avec distribution de préservatifs à la clé. Les jeunes ne sont pas les seuls à venir s'informer : « Il y a aussi les des parents qui viennent se renseigner », raconte Alexandre. L'association diffuse également des questionnaires d'enquête à l'attention des consommateurs pour réévaluer constamment leur besoin d'information selon leur âge, leur consommation. Il s'agit pour Pushing de garder un oeil sur l'évolution de la consommation des drogues, sur les nouvelles substances. Le danger vient d'une banalisation accrue des produits stupéfiants. Un effet de mode. Les dealers sont plus nombreus, et un véritable merchandizing s'est développé, mettant l'image des substances de toutes formes en valeur. Fumer du cannabis est devenu banal, par exemple alors que la consommation abusive de ce produit peut entraîner l'isolement, l'échec scolaire, la perte de confiance en soi, voir la dépression. Un constat alarmant.

Alexandre dénonce  le discours laxiste des rescapés hippies de 1968, qui serait en véritable décalage . Pour eux, « un petit joint de temps en temps

D'une manière générale, le prix des produits a baissé, et leur qualité aussi. On consomme plus de produits dans la même soirée, ce qui augmente le risque d'accidents. Désormais, pour quiconque souhaite expérimenter les « pilules de l 'amour » et autres subtances magico-chimiques, c'est parfois la roulette russe.  Le résultat ? Si pour certains, la soirée se passe sur un petit nuage, pour d'autres la prise de produits hallucinogènes peut tourner au « bad trip » ou « mauvais délire ». Nausées, vertiges, crises de paranoïa...la liste des effets secondaires indésirables est longue. Selon le métabolisme de chacun,  ca peut même finir en coma, ou des tentatives de cascades qui virent au drame : « Être sous substance, ca peut rendre très euphorique. Ca donne envie à certains de faire l'oiseau, et il y a malheureusement des cas de défenestration », explique Alexandre.

L'important est d'avoir conscience des risques, et de connaître l'effet des comprimés, poudres et autres champignons que certains consomment comme des biscuits apéritifs.

Plus anges gardiens que policiers, Pushing centre son action sur la Meuseet la Lorraine. L'associationa également comme but de promouvoir les cultures urbaines, en organisant des concours de rollers, de skate, de BMX, et des initiations aux arts urbains (graffiti, musique).

Pour toute information sur l'association Pushing : http://pushing.ath.cx

Posté par helenemoretti à 17:48 - Commentaires [0] - Permalien [#]


Commentaires sur Toxicomanie : plutôt prévenir que guérir

Nouveau commentaire