30 décembre 2006

Vivre

Vivre, c'est pour apprendre que dans le noir il y a un peu de blanc, et dans le blanc un peu de noir.

C'est à la fois profiter de chaque seconde qui nous est offerte, et accepter que le temps file trop vite.

Apprendre parfois trop tard qui l'on est ou bien qui l'on a en face de soi, quand vient l'heure de s'en aller. Voir trop tard quelqu'un qui nous attend sur le quai de la gare, lorsque notre train va partir.

Vivre, c'est pouvoir aimer, jouir, ne faire qu'un avec l'autre, c'est brûler d'un feu incontrôlable. C'est ressentir le plus pur amour, l'amitié la plus sincère, ou la haine la plus destructrice. C'est marcher sur un fil sans filet, tomber, puis recommencer sur un fil encore plus haut. C'est apprendre à se faire mal, pour mieux être soulagé après. Se prendre des murs dans l'âme, souffrir et se relever pour foncer encore plus vite vers d'autres murs qui nous attirent comme des aimants. C'est savoir que sous l'auréole de l'ange qui vient de tomber du ciel se cachent peut-être des cornes rouges, et que les mots caressants qui sortent de sa bouche peuvent se changer en insultes.

C'est garder en tête que tout ce qui commence a immanquablement une fin : une plaquette de chocolat, une histoire d'amour, un bon film, une amitié, une belle chanson, une vie.

C'est se réveiller le matin et se dire tout simplement qu'on a de la chance d'être là. 

C'est garder les yeux  et l'esprit ouverts pour exister face au monde. C'est réussir à affronter les épreuves. C'est se battre pour ce en quoi on croit

Être libre de s'évader dans ses rêves utopistes d'un monde où tout est en Technicolor . C'est imaginer tout ce qu'on veut, puis retrouver la grisaille du quotidien.

Rire et pleurer, avoir envie de hurler qu'on existe parce qu'on se sent invisible, ou simplement vouloir exploser de joie, mais se retenir d'exprimer quoi que ce soit parce qu'on a peur du regard des autres. C'est apprendre à se contenir pour avoir l'air  «comme il faut» et ne pas faire de vagues parce que « ce n'est pas correct » . C'est se résigner à rentrer dans un moule d'adulte qui nous fait peur et  nous attire en même temps.

Se poser des questions, trop de questions, parfois insensées. Se demander s'il y a quelque chose après la mort parce qu'on a peur de pas avoir assez de temps pour tout vivre en quatre-vingt ans. Se torturer les méninges sans trouver de réponses, parce qu'après tout, qui sait s'il y a quoi que ce soit ?

Vivre, c'est apprendre les règles  hypocrites d'un monde sans scrupules, où le sang, le fric, le vice et l'avidité du pouvoir mènent la danse. C'est comprendre que vouloir la paix dans le monde, c'est juste un argument bon pour Miss Univers. Apprendre à sourire de la bêtise humaine, et faire avec.  Angoisser pour l'avenir, le nôtre et celui des enfants qu'on aura peut-être.

Vivre, c'est apprendre à se dire qu'on a jamais assez de temps.

Posté par helenemoretti à 01:41 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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