18 janvier 2007

Un peu de zapping : sur la vague du machisme télévisé ?

Cette publicité, vous l'avez sûrement déjà vue : un lit, Doc Gynéco – qui a laissé la musique de côté pour la figuration de pub, probablement plus rentable - allongé sur le ventre, en train de se faire masser par deux créatures de rêves. Un casque audio sur les oreilles, il communique via textos avec ses deux esclaves. Il leur ordonne de masser plus haut, lesquelles s'exécutent avec un sourire décérébré figé sur le visage. Les textos arrivent sur leurs portables, accrochés à leur cou. Voilà pour les images.

Ce film publicitaire passe à toutes heures de la journée sur le petit écran. Une des multiples facettes de la prostitution quotidienne à laquelle nous sommes confrontés chaque jour. Les deux gourdes qui massent Doc Gynéco montrent à quel point, pour vendre un forfait de téléphonie mobile, les publicitaires sont prèts à tout, quitte à réduire la femme moderne à l'état de potiche dévouée. Autant de combats qui n'auront servi à rien. Putes et soumises ? A voir comment elles sont accoutrées, avec les seins qui débordent du décolleté et les lèvres peinturlurées de gloss, comment ne pas froncer le sourcil ? Quel est le rapport entre un téléphone et un massage ? Et on en revient toujours à un sempiternel débat : comment ceux qui concoivent la pub en viennent-ils à nous exhiber des potiches gâtées par la nature pour nous vendre des téléphones ou des yaourts ? Y avait-il un contrat entre Gynéco et la production stipulant que ses partenaires de plateau devraient porter une masse de tissu ne pouvant excéder les dix grammes ?

Là je brandis ma télécommande, et je tombe sur quoi ? Une autre pub, évidemment. Ici, la ménagère moderne est nettement moins dénudée, et elle a le sourire. Normal, un tout nouveau produit nettoyant va lui révolutionner la vie et faire briller son foyer. Youpi, je me languissais de cette découverte scientifique (gloups). Je zappe encore, et c'est l'ancienne championne de ski blonde et toute en jambes qui officie dans un jeu télévisé, sous les applaudissements... »Ahlala, tu as vu comme elle sait bien marcher ? ». Le plateau est son podium, elle défile en frétillant. Comment fait-elle pour ne pas se tordre la cheville en se trémoussant ?

Et ca pourrait durer des heures, ces moments à zapper en dodelinant la tête de gauche à droite dans un profond sentiment de consternation. Un élan féministe me chatouille : la télévision du XXIème siècle manque cruellement de Chiennes de garde.

Parfois, en plus d'être niaise, la gourde du petit écran est aussi, pour son malheur, moche (selon les critères communs de beauté). Comme dans « Le destin de Lisa », nouvelle acquisition de TF1. L'héroine est une secrétaire binoclarde ; ses quenottes sont emprisonnées dans un appareil dentaire et elle pourrait être la fille de Gaston Lagaffe et de Bécassine. Pourtant, elle va progressivement compenser ses « handicaps » par des actions héroïques, avant de subir un relooking extrême sponsorisé par Leroy Merlin et Ripolin, option « Grands travaux » ; la vertu compense le physique mais seulement pour un temps. Suite du zapping à la prochaine page de pub...

Posté par helenemoretti à 14:51 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Un peu de zapping : sur la vague du machisme télévisé ?

    je ne pourrais mieux et je suis aussi consternée par ces publicités...
    on a beau revendiquer notre féminité,il y en a encore qui perdent leur temps à se trémousser...

    Posté par mél, 05 février 2007 à 17:33 | | Répondre
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