20 décembre 2006

Raves brisées

raveFree parties, teufs, raves, teknivals...Autant de qualificatifs pour désigner ces manifestations interdites et vues par tant de gens commes des supermarchés de la drogue, et rien de plus. Pourtant, elles sont   partout depuis plus de vingt ans. C’est un fait. Mais les adeptes des sound-systems sont considérés comme des parias, des marginaux, simplement parce qu'ils ont choisi de vivre en dehors de la société. Il s'agit d'un tout autre style de vie, qui prône la liberté de créer et de vivre hors des shémas sociaux établis. Rassemblements clandestins (malheureusement) pendant une nuit ou quelques jours, afin d'échapper au quotidien et de communier dans un élan de solidarité et de passion pour la musique électronique.  Les teufeurs prônent leur différence : « Nous ne sommes pas des criminels, ni des terroristes, nous sommes justes différents par notre apparence et nos modes de pensées. Nous sommes fatigués de cette répression stérile alors que nous ne désirons que le respect ». Il n'est pas rare de voir des soirées interrompues par l'intervention des forces de police. Pour beaucoup de participants, la présence des autorités est abusive.

Une manifestation réunissait le 15 avril dernier de nombreux membres de cette grande tribu. Ils ne peuvent plus « tolérer que certains pays membres de l'Union Européenne méprisent et réduisent à néant ces espaces de liberté créative, soit par des actes violents policiers, soit par des législations sécuritaires » 
La colère des teufeurs s’est accentuée depuis le teknival organisé en République Tchèque l’an dernier : deux morts et plus de cent blessés, tel est le bilan de l’intervention policière qui a  brutalement mis fin à l’événement. Et il existe d'autres exemples justifiant la colère.
Les revendications des teufeurs? simplement le droit d'exister,  mais aussi la fin des répressions systématiques et non justifiées à leur encontre. Ils revendiquent également que  la République Tchèque, qui a brutalement réprimé le teknival de l'été dernier  soit condamnée.
Enfin, ils réclament  d'être considerés comme des acteurs socio-culturels offrant  à  tous des spectacles libres, autogérés et sans intérêts financiers ; pour eux, l'accès à l'art et à la culture doit être inscrit comme un droit fondamental, et les diverses manifestations organisées par ce mouvement en marge depuis trop longtemps devraient être considérées d'utilité publique.

Le combat continue donc pour la ceux qu'on appelle « les gens en kaki » pour que la culture techno   ne soit plus considérée comme hérétique.

Hélène Moretti
Ludovic Lachat

Un peu de droit …
Depuis mai 2001, un amendement déposé par Thierry Mariani (UMP) autorise la police à saisir le matériel dans les free-party, sous contrôle d'un officier de police judicaire. Cet amendement stipule que « les rassemblements à caractère musical organisés par des personnes privées dans des lieux non aménagés et qui ne répondent pas à des critères d'organisation et de prévention des risques susceptibles d'être encourus par les participants, doivent être déclarés aux préfets des départements dans lesquels l'évènement doit avoir lieu ». À cette déclaration doit être jointe une autorisation du propriétaire du terrain. Le préfet est libre de refuser le rassemblement si les critères ne sont pas respectés. Tout rassemblement organisé sans  préalable ou malgré une interdiction du préfet peut payer cher aux organisateurs : matériel de son saisi, peine de prison et  7500 euros d'amende.
De nombreux débats ont ébranlé l'Assemblée Nationale,  après les protestations et les recours auprès de Conseils d'Etat de plusieurs associations de promotion de la culture techno. Aujourd'hui, le texte de loi reste appliqué de manière arbitraire.

Posté par helenemoretti à 11:59 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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